Ma ville, mon centre-ville!
J'ai beau la retourner cent fois dans ma tête je ne sais trop ce qu'elle veut me dire cette phrase.
Je me sens comme si on essayait de me vendre une ville, ma ville. Soit, puisqu'il s'agit du sentiment qui prédomine, ce sera une relation marchande que j'aurai avec cette phrase.
Beaucoup de questions, tout de même.
Pourquoi faut-il qu'il y ait toujours quelqu'un pour nous vendre quelque chose?
Mais là, c'est qui qui essaie de me vendre ma ville?
Il se cache où? (Dans une relation de vente, habituellement, je fais face à un vendeur.)
Et, cette ville, si j'y habite déjà, n'est-elle pas déjà à moi?
Peut-on acheter quelque chose qui nous appartient?
J'ai la tête qui tourne.
Je vais aller vivre à Beloeil, tiens, parce qu'à Beloeil "on s'y voit!".
Et cette compétition publicitaire entre les villes? Elle vient d'où?
Joli coup des boites de marketing d'avoir monté les villes les unes contre les autres. Je m'incline.
Tim Hortons Longueuil
Plus de journaux. Je suis l'homme des yeux, et le voilà, quelques bouchées de beigne plus tard, en train de jaser avec sa voisine de table, Mme Lefrançois. Tiens donc! Est-ce que les gens finiraient par se parler entre eux? Une pointe d'humanité dans ce café beige?
Toujours est-il que le temps n'est pas plus beau avec ou sans les journaux. Ils jasent de la pluie.
Une ville de rêve, Le Paris de Woody Allen
À minuit, Owen Wilson embarque à bord d’une vieille Peugeot qui le transporte dans le Paris des années 20. Le personnage d’Owen Wilson laisse tout derrière lui – son mariage prend le bord – et se lance à corps perdu dans son roman qu’il retouche sous l’impulsion nouvelle d’une bonne fée. Il passe ses soirées à discuter avec Ernest Hemingway, Scott Fitzgerald, T.S. Eliot, Gertrude Stein et autres figures en vue du Paris artistique de l’époque. L’écrivain tourmenté partage ses vues sur l’art avec Buñuel, Man Ray, Dali et Picasso.
Le réalisateur se fait plaisir et cela transparaît. Non seulement le film baigne dans un onirisme enchanteur, mais il y a les chansons d’époque, les cabarets et les robes des dames. Ici, c’est moins Paris qui séduit, contrairement à ce que nombre de critiques ont rapporté que l’ambiance des années folles, que le carrousel improbable sur lequel Marion Cotillard jette son dévolu.
Et, à propos des premières minutes du film, qui enchaîne les clichés parisiens, la critique a écorché le film (il fallait bien critiquer si on accole le mot critique à côté de son nom). La critique n’a pas vu l’ironie toute allenienne des clichés touristiques. À force de répéter qu’il fait bon de marcher dans Paris sous la pluie, le personnage d’Owen Wilson conforte l’idée de l’artiste tourmenté qui est suivi par un nuage. On peut se demander si ce n’est pas l’artiste qui crée ce nuage gris qui le suit partout. Allen convoque également l’image littéraire du flâneur, ce promeneur parisien des lettres qu’on retrouve chez Baudelaire, chez Walter Benjamin.
Woody Allen s’offre un dialogue avec des auteurs qu’il affectionne. Il ouvre une brèche dans le temps. L’inimaginable devient possible. Wilson, écrivain peu sûr de lui, fait lire son manuscrit par Gertrude Stein et Papa Hemingway. Rien de moins. C’est le fantasme de tout scribouilleur que d’avoir l’aval des plus grands, ne serait-ce qu’un bon mot, ne serait-ce qu’une tape dans le dos qui permet d’écrire.
Woody Allen se permet une fantaisie. Il faut prendre ce film tel qu’il est : comme une promenade dans une ville de rêve.
L'humiliation
La Petite Pologne
Homme d'affaires
Guerre et environnement
Le lien m'a été transmis par @unamibienaufaitdetout via Twitter.
Zizek sur l'environnement. Réflexion pertinente comme il y en a peu à lire sur le sujet. L'environnement est l'idéologie du moment, le lieu où tous les clichés sur le bien-être et toute la mièvrerie du monde sont permis.
Quand je lis ou surtout quand j'entends ces belles paroles sur la nature, je me sens vert à vomir. Pas-que-ce n'est pas vraiment vrai ce qu'ils disent et qu'ils se fichent de l'environnement. Pas parce qu'ils disent n'importe quoi uniquement pour acheter la bonne conscience comme on achète son pain à l'épicerie. Parce que l'idéologie. Parce que les bons sentiments. Moi qui ai déjà été vert jusqu'à inciter les autres à être verts et à vendre des cartes de membre. Ce serait bon pour les #jeudiconfession.
Zizek pose de vrais problèmes. Il lie l'environnement à la guerre, sans détour. Je ne vous l'offre pas à lire au complet parce que ce peut être longuet ici.
Humankind should get ready to live in a more nomadic way: local or global changes in environment may demand unprecedented large-scale social transformations. Let's say that a huge volcanic eruption makes the whole of Iceland uninhabitable: where will the people of Iceland move? Under what conditions? Should they be given a piece of land, or just dispersed around the world? What if northern Siberia becomes more inhabitable and appropriate for agriculture, while great swaths of sub-Saharan Africa become too dry for a large population to live there - how will the exchange of population be organised? When similar things happened in the past, the social changes occurred in a wild, spontaneous way, with violence and destruction. Such a prospect is catastrophic in a world in which many nations have access to weapons of mass destruction.
One thing is clear: national sovereignty will have to be redefined and new levels of global co-operation invented. And what about the immense changes to economies and consumption levels demanded and brought about by new weather patterns or shortages of water and energy sources? How will such changes be decided and executed?
It is instructive, here, to return to the four elements of what the French Marxist philosopher Alain Badiou calls the "eternal idea" of revolutionary politics. What is demanded, first, is strict egalitarian justice: worldwide norms of per capita energy consumption should be imposed, stopping developed nations from poisoning the environment at the present rate while blaming developing countries, from Brazil to China, for ruining our shared environment.
