La Petite Pologne



"Jamais aucune nation autant que nous aujourd'hui n'a eu besoin de rire. Et jamais aucune n'a moins compris le rire: son rôle libérateur."

Cette nation dont parle Witold Gombrovicz dans son Journal, c'est la nation polonaise.
Pour moi, le Québec est une Petite Pologne.
Dans Va savoir, Rémi Vavasseur vit dans la Petite Pologne qui n'est autre chose que le Québec profond, un lopin de terre qui fait figure de monde en soi.
Je ne sais pas. C'est le rôle libérateur du rire qui m'a fait drôle.


Homme d'affaires


Je vois des hommes d'affaires tous les jours.
Je les vois défiler à l'endroit où je travaille.
L'homme d'affaires se lève tôt.
L'homme d'affaires est sûr de lui.


L'homme d'affaires marche d'un pas sûr.
Sûr?
On reconnaît un homme d'affaires quand on en voit un.
On se dit : c'est un homme d'affaires.

Mais, qu'est-ce que c'est qu'un homme?
Et un qui est d'affaires?




Vert et Or noir


Du temps que j'étais un Vert :

Mais oui! BP et le Parti vert du Canada ont le même logo...



Guerre et environnement


Le lien m'a été transmis par @unamibienaufaitdetout via Twitter.


Zizek sur l'environnement. Réflexion pertinente comme il y en a peu à lire sur le sujet. L'environnement est l'idéologie du moment, le lieu où tous les clichés sur le bien-être et toute la mièvrerie du monde sont permis.

Quand je lis ou surtout quand j'entends ces belles paroles sur la nature, je me sens vert à vomir. Pas-que-ce n'est pas vraiment vrai ce qu'ils disent et qu'ils se fichent de l'environnement. Pas parce qu'ils disent n'importe quoi uniquement pour acheter la bonne conscience comme on achète son pain à l'épicerie. Parce que l'idéologie. Parce que les bons sentiments. Moi qui ai déjà été vert jusqu'à inciter les autres à être verts et à vendre des cartes de membre. Ce serait bon pour les #jeudiconfession.

Zizek pose de vrais problèmes. Il lie l'environnement à la guerre, sans détour. Je ne vous l'offre pas à lire au complet parce que ce peut être longuet ici.


Humankind should get ready to live in a more nomadic way: local or global changes in environment may demand unprecedented large-scale social transformations. Let's say that a huge volcanic eruption makes the whole of Iceland uninhabitable: where will the people of Iceland move? Under what conditions? Should they be given a piece of land, or just dispersed around the world? What if northern Siberia becomes more inhabitable and appropriate for agriculture, while great swaths of sub-Saharan Africa become too dry for a large population to live there - how will the exchange of population be organised? When similar things happened in the past, the social changes occurred in a wild, spontaneous way, with violence and destruction. Such a prospect is catastrophic in a world in which many nations have access to weapons of mass destruction.

One thing is clear: national sovereignty will have to be redefined and new levels of global co-operation invented. And what about the immense changes to economies and consumption levels demanded and brought about by new weather patterns or shortages of water and energy sources? How will such changes be decided and executed?

It is instructive, here, to return to the four elements of what the French Marxist philosopher Alain Badiou calls the "eternal idea" of revolutionary politics. What is demanded, first, is strict egalitarian justice: worldwide norms of per capita energy consumption should be imposed, stopping developed nations from poisoning the environment at the present rate while blaming developing countries, from Brazil to China, for ruining our shared environment.


Vigneault


J'ai peur que ne meure Gilles Vigneault.

Je me demandais qui est-ce qui prendra "la relève"? Je dis "la relève" comme on le dit à tous les jours sur la première chaîne de Radio-Canada, comme si c'était un groupe, comme si... La relève, la relève! Alors, qui?
Nos poètes, on ne les voit pas sur les tribunes, se cachent derrière leurs machines à écrire, faut croire. Les chansonniers? Pierre Lapointe, pas sûr. Moffat, Dumas et autres se la roucoulent douce entre deux balades. Des engagés socialement, je veux dire. Les loquaces? Oui, certainement. Biz a fait le moulin à paroles et vient de publier un premier ouvrage. Remplacer le grand chef, non, jamais. Chanson pour chanson, je ne suis pas sûr que les Cowboys fringants et Karkwa aient de quoi rivaliser avec Gilles. Force est d'admettre qu'un Gilles Vigneault ne se remplace pas.

"L'étoile du match", disent les commentateurs de Twitter. Je l'ai trouvé fatigué, un peu. Il était quand même fringuant : c'est que d'habitude il pète le feu. J'ai peur pour Gilles.


Son passage de dimanche dernier à l'émission Tout le monde en parle : http://www.radio-canada.ca/emissions/tout_le_monde_en_parle/saison6/episode.asp?idDoc=108968&autoPlay=http://www.radio-canada.ca/Medianet/2010/CBFT/ToutLeMondeEnParleEntrevues201004182000_1.asx

Rick


"I just wanna tell you how i'm feeling". N'est-ce pas merveilleux que de revivre?

Je voulais juste te dire comment je me sentais après avoir fini mes travaux de fin de session.
Exaltation printanière, quand tu nous guettes...

Le printemps, c'est comme une toune de Rick Astley.

Ça a une sale gueule, mais on se laisse emporter par l'enthousiasme.
Une sale gueule de ruelle qui se réveille au printemps.
Optimisme. Joie.

Ok, dorénavant je vais m'abstenir de faire des billets du type #StéphaneLaporte.

Le jugement de Dieu


Artaud, sur le jugement de Dieu, la fabrication des soldats...

Sa voix. Sa voix reconnaissable entre toutes, celle d'une vieille sorcière quand il pousse son "j'ai appriiiiiis hier" inaugural.

Le conditionnel


Barthes dit quelque part dans son Roland Barthes que le conditionnel est beaucoup trop lourd, qu'il faudrait un autre temps verbal pour dire légèrement.

Dans la langue, tiens, un autre temps. Légèrement.

Mettons qu'on veut refuser un emploi sans froisser la personne. On dit quoi? L'opportunité serait intéressante. La personne ne comprendrait pas. En disant, elle serait intéressante, l'opportunité, on démontre déjà trop d'intérêt. Ça y est, elle nous croit intéressé alors qu'on voudrait dire le contraire.

Je crois que le conditionnel n'a pas la place qu'il pourrait avoir. Ou qu'on ne l'utilise pas dans toutes les teintes qu'il permet.

Imaginez qu'on puisse dire ans vraiment dire. Imaginez qu'on puisse utiliser le conditionnel par politesse, par égard. Je ne suis pas certain, mais... quelque chose me dit que nous n'avons plus beaucoup de cet égard-là, dans le langage du moins.

Si je veux faire entendre à mon interlocuteur que ce n'est pas exactement ce que je souhaite, cette opportunité qu'il m'offre sans décliner brutalement. Que lui dire?


Le tombeau


Hommage à Michel Chartrand par Amir Khadir en chambre.

Un politicien qui s'exprime bien. Une rareté.

Le tombeau, genre qui vise à rendre hommage à une personne disparue, devient, par les temps qui courent, bien québécois. Les acteurs importants des années 60-70 tombent. Bourgault, Vadeboncoeur, Falardeau, puis maintenant Chartrand. J'en oublie, c'est sûr.

Je sais que ce fut un moment charnière pour les Québécois, une époque où la littérature avait une importance inégalée, où il y avait la montée de l'indépendance, une effervescence des arts, de grands courants de pensée, etc.
Le Québec était déjà nostalgique de cette époque, je me demande ce que cela va être... Ce qui s'écrira aura quelque chose du chant des pleureuses. Une nostalgie un peu dégoulinante, mais qui fait du bien. Histoire d'entrevoir une éclaircie en ces temps de grisaille idéologique.

Michel Chartrand est mort.

La chronique de Gil Courtemanche sur Michel Chartrand.

Celle de Foglia, non pas celle qu'il a écrite sur Michel, mais sur un ancien boss à la veille de mourir. Deux tombeaux de suite ou presque pour lui. Sa chronique sur Chartrand s'intitule « Tabarnak ».

Je souligne le ton unique de pareille écriture : un ton, une émotion qui, il me semble, amène l'écriture ailleurs.

Pratiquez-vous à écrire des tombeaux, ce peut être lucratif.

Les doléances du cinéaste


Des commères. Je ne sais pas si vous avez vu ces échanges entre l'éditorialiste Mario Roy et le cinéaste Xavier Dolan... L'intérêt? Je ne sais trop.

"C'est pas ça que j'ai dit. Non, c'est ça que tu as dit." Des pies.

Dans un premier temps, Mario Roy écrit sur Dolan, qui lui réplique, ensuite vient, par M. Roy, la réplique de la réplique. Voici la réplique de la réplique.

Au-delà du piaillement, on est tellement habitué d'entendre piailler que ce bruit sur le financement, on ne l'entend plus. Il y a un écoeurement de tout ce qui est politique dans l'art, le financement en particulier. Avec raison.

Je crois qu'on déteste un peu Dolan pour cette raison. Pas seulement à cause de la jalousie, pas seulement à cause qu'il est fendant, mais parce qu'il parle sans arrêt de financement. Il a peut-être raison, d'ailleurs. Comme on ne peut se passer de financement, on ne peut cesser de pérorer sur les conditions du financement artistique.

Je n'entends plus le bruit de la rumeur.

Le bruit de la critique se fond dans le bruit des "Zartistes". Je dis ça sans moquerie. Je dis Zartistes parce que parler sans arrêt de financement ce devient un peu déplacé, comme parler d'argent à un souper de famille. Parler de financement quand on parle si peu d'art.

Je trouve que parler financement ça tue l'art à petit feu.
En ce sens, et seulement en ce sens, Roy a un peu raison quand il dit que l'histoire de son non-financement a été l'histoire de son film.

Il a visionné beaucoup de films, il est capable de parler. De la culture cinématographique qu'on veut.

Parle-nous de films, Xavier.